Chers amis, m’sieurs-dames,
c’est aujourd’hui que démarre sur Ulule notre campagne de financement participatif du prochain album de Kwal : « Les liens » ( sortie septembre 2016).
Rejoignez l’aventure de l’album : commandez le disque en avant-première, recevez clips et chansons inédits, faites venir Kwal pour un concert à domicile, et bien d’autres options… tout est expliqué ICI !

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L’album se prépare… il parlera de liens, d’espoir, d’amitié… d’actualité.
Il arrivera avec un brin de retard et beaucoup d’invités.
Mais pour l’heure, on vous offre une petite douceur…
« L’Art de se dire » raconte une fin, voici un peu le commencement :
La chanson « Un Bout de Route », à (re)découvrir en images, enrichie par la grâce des instruments.
N’hésitez pas, partagez-la si vous la trouvez belle,
Bonne fin d’année à tous, et joyeux Noël.

La voilà, notre précieuse chanson.
On est heureux de vous la livrer, en images et en son,
en espérant qu’elle vous provoquera autant de frissons
que nous en avons eu à sa conception.
N’hésitez pas, partagez-la, si vous la trouvez belle,
le bouche à oreilles est notre ami le plus fidèle.

Je pense à la tête de ma fille à mon retour quand je lui dirai que je lui rapporte non pas une robe mais des loukoums, parce qu’acheter une robe ici, ça fait un mois de salaire environ, j’avais pas prévu que la vie serait si chère à Beyrouth, et j’étais à deux doigts de rentrer en France en stop. Ma fille va me tuer, ou pire : je vais la décevoir.

On m’a dit que le petit vieux de la maison au coin de la rue est un ancien milicien. Qui sait ce qu’il a pu commettre pendant les années de guerre civile ? On n’est pas voisin dans un pays qui a connu une guerre civile comme on l’est ailleurs.
15 ans de guerre civile, 120 000 morts sur 4 millions d’habitants, (1 personne sur 30), ça veut dire que chaque personne d’un certain âge ici a vu des choses et vit avec des souvenirs. Dans chaque famille dorment en secret des histoires terribles, tragiques, héroiques peut-être.
Pour moi qui n’ai jamais grandi dans la guerre, c’est un mystère profond, intense, et je me sens tout petit devant ce genre de choses.
Après l’amnistie au Liban, après la guerre, d’anciens chefs de guerre d’hier n’ont pas été jugés, certains sont ministres aujourd hui, on croise leurs portraits un peu partout en ville.
Je me demande… quand la justice n’a pas été rendue, quelle place le pardon peut-il trouver  ?
Les tensions entre communautés, qui avaient conduit à la guerre civiles, sont vives en ce moment à Beyrouth. Et la crise syrienne vient appuyer dessus.

Le Liban, c’est 17 confessions religieuses, musulmans sunnites, musulmans chiites, chrétiens maronites, druzes, syriaques orthodoxes , arméniens, et je connais pas les autres, mais j’en parle parce que c’est un élément incontournable du pays, tant en politique, que dans la vie de tous les jours. Il paraît que beaucoup de gens ont un sentiment d’appartenance communautaire très profond par ici.
Si tu veux creuser un tout petit peu ce passionnant sujet, voilà une émission très bien faite, en deux volets : « le dessous des cartes, le Liban. » 20 minutes, sur youtube.
Et puis, tant que j’y suis, deux films sur le Liban qui m’ont profondément marqué et mis la larme à l’oeil l’un et l’autre : « West-Beyrouth », et « Incendies ».

Etre piéton à Beyrouth avec des routes à traverser, voilà un défi. Pas de passages cloutés et un trafic monstre. Il faut traverser là où tu peux, au milieu de la route. Si tu attends que les voitures s’arrêtent, tu passeras ton week end sur le rond point.
Il faut s’imposer, en fait. Bon. En face d’une Land Rover gigantesque lancée à 70 kmh, je m impose, donc ?

Je savais qu’on pouvait envoyer un texto au volant. Je ne savais pas qu on pouvait le faire à un rond point à 70km/h.

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photo 7Si tu regardes derrière Beyrouth, tu vois que ça devient montagneux très vite et le Liban est splendide, paraît-il. Très urbanisé mais splendide.
Montagnes , bords de mer, des rivières en abondance, plaine agricole de la Bekaa. Tu peux presque quitter tes skis en bas de piste pour enfiler un maillot de bain et sauter dans l’eau direct tellement la montagne et la mer se touchent.
Je dis « il parait », j’ai pas vu. J’ose pas trop m’aventurer en dehors de Beyrouth par les temps qui courent. Dommage. Aller au Liban sans sortir de Beyrouth, c’est un peu comme aller à Venise tout seul. C’est incomplet.
Je reviendrai.

« Si tu dois être enrhumé à l’heure de passer à table, sois le en Angleterre plutôt qu’au Liban. »
(Pardon à Tony, mon ami pianiste anglais, pour ce cliché facile. Tony, tes soupes aux légumes du jardin sont les plus mémorables du Maine et Loire.)
C’est ballot, ce rhume, qui m’anesthésie le goût, au Liban… Un pays de 5000 ans d’histoire culinaire depuis les phéniciens, 5000 ans d’envahisseurs arrivés chacun avec leurs cuistots. Un brassage phénoménal de cultures, retrouvable jusque dans l’assiette.
Un dîner au quartier arménien : Pois chiche sur leur lit de fromage blanc au césame, entourés d’herbes mystérieuses, arrosés d’une huile d’olive légèrement citronnée, morceaux de Pita délicatement grillés à la poêle, ailes de poulet au citron.
Les deux papilles encore connectés à mon cerveau font remonter l’info à mes neurones en passant par mon nez bouché : c’est un véritable orgasme gustatif.
Si j’avais neuf vies, j’en prendrais une toute entière pour découvrir toute la cuisine libanaise.

Le journal l’« Orient Le Jour » titre. « Il n y a pas que la mort et des horreurs au Liban » Avec photo du marathon de Beyrouth, dimanche. Foule dans les rues, bel esprit, très jolie ambiance sous un beau soleil de novembre.

Vivre dans une zone à risque. Les habitants des villes japonaises, d’Istanbul, de Los Angeles, vivent chaque jour avec le risque d’un grand séisme. Les napolitains, en Italie, vivent au pied du Vésuve avec la possibilité d’une éruption du volcan . Les gens au Liban vivent avec le risque politique au-dessus de la tête. Leur grand ennemi israélien au sud, le spectre de la guerre civile à l’intérieur, la guerre en Irak et en Syrie. Damas-Beyrouth : 80 km.
Et la menace d’attentats, dans Beyrouth. Imprévisible. J’aimerais pas être homme politique ici, où les attentats à la voiture piégée sont un grand classique.
Est ce que les gens qui habitent dans de telles zones savent mieux habiter le moment présent que moi, dans ma petite ville paisible de province française sans trop d’histoires  ? Il paraît. Est ce que c’est ça qui explique que les gens font la fête si fort à Beyrouth ?

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Tout le monde que je croise est gentil , poli et souriant avec moi aujourd’hui. Ca t’arrive ? Il y a des jours comme ça, là ça dure depuis le réveil. Ca vient de moi ? Dommage qu’avec le rhume j’ai une oreille bouchée. C est une gentillesse que je perçois en mono, pas en stéréo.
En tout cas je note comment j’étais pour essayer de comprendre quand ce phénomène se produit : barbe de 6 jours , chapeau bleu, sac à dos énorme, une oreille bouchée.

Sur la route de l’aéroport, bouchons. À ma droite, Sabra et Chatilla, les camps de réfugiés palestiniens, j’ai vu sur la carte vu-du-ciel : ça ressemble aux autres quartiers sauf qu’il y a deux fois plus d’habitations au m2. Pas eu le temps d’aller y faire un tour, c’est pas des endroits qu’on visite comme un zoo sans avoir des projets à y mener. Prochaine fois.
À ma gauche, la banlieue Sud, gérée par le Hezbollah. Drapeaux du Hezbollah et de Amal, les deux grands partis chiites, partout.
A mon derrière, la forêt d immeubles.
A mon devant, l’avion.

J’ai un peu peur de vexer l’hôtesse de l’air si je demande : est ce que le truc cylindrique qui est dans mon assiette est un macaroni ou un haricot vert ? J’arrive pas à savoir, au goût.

Après « perdez 10 kilos en trois jours avec le régime Machin, voici  » perdez 10 degrés en 3h avec Air France »

J’aime voyager pour plein de choses, entre autre : passé les frontières françaises, je n’ai plus internet sur mon portable. Je déconnecte de force. J’avais pris la bonne résolution, la veille du retour de Beyrouth, de reconnecter tout en douceur. . Tu parles : l’avion est à posé sur le tarmac à Roissy que je reconnecte, exactement en même temps que tous les autres passagers de l’avion. « Vous avez 80 mails non lus. » Et merde.

En fait oublie ce que j’ai écrit, les plus belles femmes du monde, c’est à Roissy, puisque c’est l endroit ou toutes celles de Beyrouth retrouvent les plus belles autres de partout ailleurs. Va faire un tour à Roissy , Nikos Aliagas de TF1.

J’arrive à Angers. Un char militaire dans la rue Toussaint, en centre ville….la dernière fois que j’en ai aperçu un ici, je devais avoir 5 ans. Ils font des manœuvres, j’imagine. Ca me fait penser :
1 qu’on n’en voit jamais à Angers
2 qu’on en voit partout à Beyrouth
Les chars de l’armée, par chez moi, on leur fait se dérouiller les chenilles au 14 juillet. Au Liban l’armée c’est partout et c’est un des ciments de l’unité nationale, un endroit ou toutes les communautés sont présentes.
…bon. Les chars qui prennent l’air dans les rues d’Angers sont peut être là pour me réacclimater en douceur.
Je pousse la porte d’un café. Je m’installe, j’écris. Bon alors, 7 dodos à Beyrouth…

photo 5En plein Beyrouth : un immeuble ancien, presque écroulé, sans fenêtre, avec impact d’éclats d’obus sur la façade.
Ca c’est une image qui réveille les clichés de mon imaginaire. Quand j’étais petit , tous les jours entre le steak et la purée, quatre mots sortaient en boucle du petit poste radio familial  : Beyrouth , Belfast, Israel-Palestine.
Début de la guerre civile au Liban en 75, fin en 91. Ben oui, toute mon enfance.
Je ne sais pas ce que certains mettent dans les moteurs de leur voiture pour que ça donne l’impression d’entendre la fusée Ariane au décollage à chaque fois.
Dans ma région en France, il y a plein d’églises, quelques calvaires au bord des routes, mais la dernière fois que j’ai vu autant de statues de la sainte vierge au mètre carré, ça doit être quand j’ai traversé Lourdes il y a quelques années.
Si tu es capable de compter exactement le nombre de fils électriques que j’ai au-dessus de ma tête, je te paye un chawarma.
Quelqu’un m’a dit : les libanais sont un peuple qui danse au bord du gouffre.
En y réfléchissant bien, est ce que ça n’est pas un peu humain, ça, danser au bord du gouffre ?
Un pub irlandais très joli, rue Monot, une rue qui ne l’est pas moins.
Les anglais et les français ont conquis le monde à la pointe de leurs fusils, les irlandais à la mousse de leurs bières.

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Ils sont décidément très sympas à l’épicerie Haddad en bas de la maison. Le type du taxi tout à l’heure aussi et la dame du café arménien aussi.
Est ce qu’on peut établir un Taux Moyen De Politesse Ambiant d’une ville? Le TMPA ? Que tu peux mesurer aux sourires qu’on te donne et aux conversations qu’on engage, dans les commerces, les taxis, les bars. Une sorte d’Échelle de Richter de la politesse, allant de 1 à 10. Paris, par exemple, c est 0,5.
J’ai l’impression, pour ce que vaut une impression au bout de cinq jours, que Beyrouth a un bon TMPA.
J’ai chopé un rhume des foins. C’est étonnant : la dernière botte de foin de Beyrouth a été mangée par le dernier âne de Beyrouth, ça remonte à avant le mandat français, en 1919.
Bon donc je vais a la pharmacie à l’angle , et la jeune femme en blouse derrière le comptoir est drôlement calée en rhume et en médicaments pour le soigner. Il n y a pas la sécu au Liban, tu ne vas pas voir ton généraliste pour tout et pour rien, le pharmacien joue ce rôle. Mais surtout, surtout, c’est une femme absolument magnifique. Madame, vous avez un sourire aussi efficace que 2 grammes de paracétamol.

J’ai un deal avec ma fille que je peux continuer à voyager oui d’accord, mais alors je lui ramène une robe. C est pas un truc d’enfant-roi, détrompe toi , c’est juste que ma fille est la huitième merveille du monde.
Je viens de voter à mon unanimité que les femmes de Beyrouth sont les plus belles femmes du monde, légèrement devant celles de Montréal et celles de Jérusalem, j’en ai mal aux yeux, c est proprement hallucinant.
C’est bête et subjectif de dire ça, ça l’est presque autant que quand Nikos Aliagas de TF1 nous affirme qu’Angelina Jolie est la plus belle femme du monde. Va faire un tour à Beyrouth, Nikos.
C’est juste, qu’il y a des endroits dans le monde ou la beauté féminine nous touche plus ou moins. Des femmes brunes plantureuses aux traits très fins, teint mate, de grands cheveux, défrisés ou non. Waouh.
On m’informe qu’un nombre important de beautés ici ont reçu un coup de pouce de bistouri: nez, fesses, seins refaits.
J’ai une envie de chirurgie esthétique: mon centre de gravité s’est pas mal affaissé ces derniers temps, un ou deux pectoraux en silicone ne me feraient pas de mal.

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J’ai trouvé un nouveau bobo (un truc peut-être très très grave à l’ongle) à aller montrer à la pharmacienne. J’ai poussé la porte, elle n’était pas derrière le comptoir mais à la place, un grand type avec plein de poils sur les bras, une barbe et des grosses lunettes carrées. Je repasserais, pour l’ongle.
Un nouvel immeuble en construction. Je compte cinquante étages. Dont 20,3 sont finis.
Je suis sûr que du haut de l’immeuble de la Sodeco on peut toucher la lune, qui est splendide, ce soir.
J’ai du laisser quelques neurones au fond de verres dans chaque bar de la ville cette nuit, rue Gemmayzeh. Il y a tellement de bars, clubs, dans cette rue que j’ai arrêté de compter passé le cinquième shooter. Beyrouth est LA capitale de la vie nocturne du monde arabe.

Les deux capitales de la fête au Proche-Orient, Beyrouth et Tel-Aviv, sont des ennemis mortels.
J’ai l’impression qu’à Beyrouth, il existe un sens de la fête comme si la fin du monde était prévue demain matin à 10h14.

Arrivée au quartier.
La statue de la la vierge regarde une bougie brûler devant elle.
Un chat regarde le dessin d’une croix noire et blanche, symbole des Forces Libanaises, sur le mur d’en face.
Un grillon chante devant la maison.
Derrière, Beyrouth-qui-ne-dort-jamais. Mais le grillon, en frottant deux pattes minuscules l’une contre l’autre, il arrive à te produire un chant qui couvre le tapage nocturne de la ville immense.
Trop fort, le grillon.

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Après une série de concerts absolument magiques avec l’ONPL (un immense plaisir de partager la scène avec 45 musiciens classiques), je replonge maintenant le nez dans les chroniques de voyage et en profite pour mettre en ligne mes petites chroniques au Liban et au Laos (octobre et février dernier). Je les posterai chacune en trois épisodes sur les six prochaines semaines. Bonne lecture.

J’ai dit à ma fille : 7 dodos, on a compté sur les doigts, sept. Elle a versé quelques larmes, je me suis sauvé avant de changer d’avis.

Et merde. Ce truc, appelez ça l’inspiration ou ce que vous voulez, s’éteint un peu dans le petit quotidien, et se met en route très fort dès que je grimpe dans un train, un avion. Ca se nourrit de nouveauté, d’inattendu. N’empêche, je culpabilise.

Direction Beyrouth.

Une très vieille envie, mettre les pieds au Liban. Un ami d’Angers s’est installé à Beyrouth, j’ai une semaine de libre, c’est parti.

Un proverbe indien dit : « Il faut vivre dix vies dans un endroit pour commencer, un peu, à comprendre cet endroit ». Une semaine, ça fait juste. Une semaine, c’est pas un voyage, c’est une promenade.

C’est une hérésie d’écrire un carnet de voyage quand on ne reste qu’une semaine. Je vais le faire quand même, je ne peux pas m’en empêcher.

Beyrouth. Première impression, celle qui saute aux yeux, à la descente d’avion : une forêt d’immeubles, dense.

Qu’est ce qui pousse dans une telle forêt d’immeubles ? Des 4×4 énormes et des R 12 rafistolées, des building tous neufs, et d’autres datant d’avant la guerre avec les traces d’éclats d’obus sur leur façade, des magasins partout, plein de symboles religieux chrétiens et musulmans, plein d’affiches politiques, des barrages militaires un peu partout, presque pas d’espaces publics ni d’espaces verts. Dans une forêt de béton, il pousse tous les contrastes possibles et imaginables.

Je me demande… combien de temps ça met pour arriver à taille adulte, un immeuble de 50 étages, dans ce genre de forêt ?

Ferme les yeux, à Beyrouth : brouhaha de sirènes, de moteurs de voitures pétaradants, bruit de fond constant de chantiers de construction. Certains disent que c’est le plus grand chantier du monde.

« Beyrouth, mille fois morte, mille fois revécue », a dit la poétesse Nadia Tueini.

Quand on vient d’une petite ville de province française où, si on tend l’oreille, on peut presque entendre pousser l’herbe, il y a un vrai temps d’adaptation sonore en arrivant à Beyrouth.

Sur le mur de l’institut français, juste en face du canon du char de l’armée, un tag : une phrase de Shakespeare, en français : « nous sommes de l’étoffe dont sont faits nos rêves et nos courtes vies sont entourées de sommeil ».

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Où que j’aille, ce que je préfère c’est trouver de petites habitudes. De touts petits gestes répétitifs , rassurants : acheter un litre d’eau à l’épicerie Haddad en bas de la maison, en bouteilles, grandes, avec des olives vertes, puis une pizza Man’ouché au zaatar, pour le petit dèj (extraordinaire), comme je faisais en Palestine, au petit man’ouchiste (je sais pas comment on dit) à l’angle.

Marhaba, un sourire, merci au revoir.

10h02 : je descend la rue, tourne à gauche à l’angle devant la statue de la vierge Marie, appelle un taxi.

10h10 [à la télé] : Hasan Nasrallah, chef du puissant parti Hezbollah, déclare dans son discours pour la fête chiite d’Achoura, que le Hezbollah résiste et résistera encore et toujours à l’ennemi mortel, Israel.

13h : je termine un bon livre au café-librairie-cinéma, en haut d’un building, je vais bientôt aller chercher un chiche taouk à manger.

13h12 [à la télé] : Israel réplique « Quand on veut, on renvoie le Liban à l’âge de pierre. »

14h02 : La vie est chère, mon chiche taouk vient de me coûter 8000 livres libanaises, 4 euros. Je marche tranquillement dans les petites rues.

15h 24 [à la télé] : le chef du front Al Nosra, branche d’Al Qaïda en Syrie , déclare que « la vraie bataille au Liban n a pas encore commencé ».

16h32 : la chicha du café à l’angle est délicieuse, et le patron parle français (comme pas mal de monde ici). Le soir tombe sur la ville. A 17h le soleil est au dodo ici.

17h05 [à la télé] : le parlement libanais vient de s’auto-réélire à l’unanimité. Pas de président au Liban depuis deux ans.

Si tu es tout neuf arrivé à Beyrouth ces jours-ci et que tu te connectes sur les chaînes d’infos libanaises, tu peux avoir une impression permanente de menace de fin du monde. Si tu vis ici depuis longtemps, il paraît que tu es complètement habitué.

Si tu déconnectes, la vie semble suivre son cours tranquillement partout… le petit quotidien.
Je me demande combien de jours on peut tenir sans parler politique, par ici.

Il y avait un souk au centre ville de Beyrouth, il a fermé, Prada est arrivé. Et puis Chanel, puis Lacoste. J’ai l’impression de voir des sosies de l’avenue des Champs Elysées pousser un peu partout dans le monde.

Route entre la maison et la mer. Sur le boulevard, en face du concessionnaire auto, je m’assieds au parc. T’emballe pas, c’est juste deux arbres, deux bancs, pas de pigeons (ça j’apprécie). Le boulevard devant, j’ai vu les photos de pendant la guerre : c’était la « ligne verte », la ligne de démarcation West Beyrouth – East Beyrouth qui séparait la ville entre chrétiens et musulmans. Cette ligne de démarcation, un boulevard déserté, les snipers y étaient nombreux, personne ne s’y aventurait, la nature a repris ses droits. Une forêt de mauvaises herbes y a poussé. On a du mal à s’imaginer ça quand on voit le boulevard aujourd’hui.

Terrasse de café. Quelques chiffres dans l’« Orient Le Jour », le journal :
Il y a 4 millions de libanais au Liban, entre 4 et 15 millions dans la diaspora, partout dans le monde.
Presque 2 millions de réfugiés syriens sont arrivés au Liban suite à la guerre.
Quand un pays de 4 millions d’habitants accueille 2 millions de réfugiés… j’ai cru comprendre que la situation devient très très compliquée.
Le Liban est le pays qui a accueilli le plus grand nombre de réfugiés syriens.
La France a accueilli 500 familles.

Au bout de la ville, la Méditerranée, d’un bleu profond, mais coincée dans le béton. Je m’assieds au bar de la corniche de Beyrouth, juste au bord de l’eau.photo 6
Derrière moi, la ville klaxonne, pétarade, hélicoptèrise et marteau-pique.
Mais devant moi, un bateau blanc passe sur la mer bleue, dans la fumée de ma chicha.
Je me sens tranquille comme Gandalf, dans le film, quand il fume l’herbe à pipe dans la Comté avec Bilbo.

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J’aurai la chance de partager la scène avec l’ONPL, les 2 et 3 avril à La Cité des Congrès de Nantes et le 7 avril au Centre des Congrès d’Angers à 19h, avec le spectacle: « IL ÉTAIT UNE FOIS LA SYMPHONIE« . Quatre grandes symphonies (Mozart, Beethoven, Mendelsohnn) jouées par l’ONPL, autour desquelles je conterai et slamerai des textes écrits pour l’occasion. Monter sur scène avec un orchestre symphonique, un rêve de gosse qui se réalise. Venez nombreux voir ça, c est pas tous les jours. À partir de 6 ans.

http://www.onpl.fr/L’ONPL-autrement/Concerts-%22Familles%22