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kwal

Wouah, pff l’aut, eh, fastoche.
C’est un seul et même univers, qui s’exprime de différentes façons, en spectacles, albums et livres.

Il y a une trilogie de SPECTACLES au théâtre (Chroniques de là où j’habite, Chroniques des bouts du monde, Chroniques intérieures en préparation pour 2017).
Des spectacles contés, avec des morceaux de slam dedans. Les Chroniques intérieures sont en préparation pour 2017, une « psychanalyse » amusante et profonde en direct live.

Il y a les ALBUMS MUSICAUX, celui qui vient de sortir, avec l’Art de se dire dedans, c’est le 5ème. Au menu, beaucoup d’invités.
Il y en a eu déjà 4 en France, et plusieurs chansons en bambara et en arabe classique.

Jusqu’ici ça va ? Tout le monde suit ? Même ceux du fond ?
Ok, je poursuis.

Il y a aussi des LIVRES. Deux albums pour enfants déjà sortis, mais bientôt un livre, des « contes naïfs », et puis « les Chroniques des bouts du monde », comme celles postées sur Facebook, enrichies, illustrées, avec des inédites.

Et puis des collaborations avec d’autres artistes, des co-écritures avec Annabelle Sergent. Un conte musical écrit et interprété pour et avec l’Orchestre national des Pays de la Loire.

Et puis peut-être du TRAPEZE et du VELO SANS LES MAINS, on sait pas, tout ce qui représente un défi et une occasion de se réinventer me plaît.

Voilà. Ah oui, j’oubliais. Si tu prends le projet il y a quelques années, c’est quand même bien moins en colère maintenant. Non que la révolte ne soit plus là, mais son expression est beaucoup plus douce, et ça me va bien. Je ne te cache pas (même si on ne sait jamais de quoi demain est fait), qu’il y a peu de chances que ça reparte en death métal.
Que voulez-vous ? C’est l’âge, ma bonne dame, on s’assagit.

Kwal, rêveriste depuis 2002.

L’album « Les liens »

Publié: 07/12/2016 dans Uncategorized

Maintenant que je le tiens dans mes mains,
qu’il est fait, je peux le dire :
Quel boulot.
Si j’attrapais l’abruti qui a dit,
jusque dans cet album même,
qu’avec l’âge, on prend de l’assurance,
je lui ferais sa fête.
Faire un album quand c’est le cinquième,
c’est batailler à chaque étape contre l’assaut des doutes et des questions,
que l’exercice de l’enregistrement studio a tendance à cristalliser chez moi,
notamment au moment de trouver l’émotion,
qui se libère tout naturellement sur scène.

N’empêche,
on vous a concocté ça au mieux,
avec tout plein de beaux invités,
la magie des violons d’Héloïse,
le mixage aux petits oignons de Nicolas Houssin.

Pour nous,
il est maintenant l’heure de préparer de beaux bonus,
en son et en images,
et de savourer :
le disque est là, dans mes mains,
et je peux te dire que je débouche le champagne dans ma tête.
ça fait du bien, d’aller au bout des choses…

Surtout, surtout, ne pas oublier :
le fêter
(il faut toujours des prétextes à fêter),
le donner aux gens que j’aime,
dédicacer les exemplaires.
Ouais… ça, c’est bien.
Les liens.

Album dispo ici dès maintenant,
sur nos concerts,
à Exit Music For A Drink (Angers),
et sûrement dans d’autres lieux, on vous dira.

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On n’avait jamais fait de clip pour la chanson « Là où j’habite ». Mais les jeunes du Espace Ados CentreHorizon de Cholet viennent de s’en charger, aidés par le regard expert de Joris Favraud – FilmMaker. Sur plusieurs jours, ils ont écrit, réalisé et monté des images qu’ils m’ont montré avant-hier, et j’ai été absolument bluffé.
Voici le clip de « Là où j’habite », à travers leur regard.
Un immense bravo et merci à eux pour cette très belle vidéo.

Chers amis, m’sieurs-dames,
c’est aujourd’hui que démarre sur Ulule notre campagne de financement participatif du prochain album de Kwal : « Les liens » ( sortie septembre 2016).
Rejoignez l’aventure de l’album : commandez le disque en avant-première, recevez clips et chansons inédits, faites venir Kwal pour un concert à domicile, et bien d’autres options… tout est expliqué ICI !

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L’album se prépare… il parlera de liens, d’espoir, d’amitié… d’actualité.
Il arrivera avec un brin de retard et beaucoup d’invités.
Mais pour l’heure, on vous offre une petite douceur…
« L’Art de se dire » raconte une fin, voici un peu le commencement :
La chanson « Un Bout de Route », à (re)découvrir en images, enrichie par la grâce des instruments.
N’hésitez pas, partagez-la si vous la trouvez belle,
Bonne fin d’année à tous, et joyeux Noël.

La voilà, notre précieuse chanson.
On est heureux de vous la livrer, en images et en son,
en espérant qu’elle vous provoquera autant de frissons
que nous en avons eu à sa conception.
N’hésitez pas, partagez-la, si vous la trouvez belle,
le bouche à oreilles est notre ami le plus fidèle.

Je pense à la tête de ma fille à mon retour quand je lui dirai que je lui rapporte non pas une robe mais des loukoums, parce qu’acheter une robe ici, ça fait un mois de salaire environ, j’avais pas prévu que la vie serait si chère à Beyrouth, et j’étais à deux doigts de rentrer en France en stop. Ma fille va me tuer, ou pire : je vais la décevoir.

On m’a dit que le petit vieux de la maison au coin de la rue est un ancien milicien. Qui sait ce qu’il a pu commettre pendant les années de guerre civile ? On n’est pas voisin dans un pays qui a connu une guerre civile comme on l’est ailleurs.
15 ans de guerre civile, 120 000 morts sur 4 millions d’habitants, (1 personne sur 30), ça veut dire que chaque personne d’un certain âge ici a vu des choses et vit avec des souvenirs. Dans chaque famille dorment en secret des histoires terribles, tragiques, héroiques peut-être.
Pour moi qui n’ai jamais grandi dans la guerre, c’est un mystère profond, intense, et je me sens tout petit devant ce genre de choses.
Après l’amnistie au Liban, après la guerre, d’anciens chefs de guerre d’hier n’ont pas été jugés, certains sont ministres aujourd hui, on croise leurs portraits un peu partout en ville.
Je me demande… quand la justice n’a pas été rendue, quelle place le pardon peut-il trouver  ?
Les tensions entre communautés, qui avaient conduit à la guerre civiles, sont vives en ce moment à Beyrouth. Et la crise syrienne vient appuyer dessus.

Le Liban, c’est 17 confessions religieuses, musulmans sunnites, musulmans chiites, chrétiens maronites, druzes, syriaques orthodoxes , arméniens, et je connais pas les autres, mais j’en parle parce que c’est un élément incontournable du pays, tant en politique, que dans la vie de tous les jours. Il paraît que beaucoup de gens ont un sentiment d’appartenance communautaire très profond par ici.
Si tu veux creuser un tout petit peu ce passionnant sujet, voilà une émission très bien faite, en deux volets : « le dessous des cartes, le Liban. » 20 minutes, sur youtube.
Et puis, tant que j’y suis, deux films sur le Liban qui m’ont profondément marqué et mis la larme à l’oeil l’un et l’autre : « West-Beyrouth », et « Incendies ».

Etre piéton à Beyrouth avec des routes à traverser, voilà un défi. Pas de passages cloutés et un trafic monstre. Il faut traverser là où tu peux, au milieu de la route. Si tu attends que les voitures s’arrêtent, tu passeras ton week end sur le rond point.
Il faut s’imposer, en fait. Bon. En face d’une Land Rover gigantesque lancée à 70 kmh, je m impose, donc ?

Je savais qu’on pouvait envoyer un texto au volant. Je ne savais pas qu on pouvait le faire à un rond point à 70km/h.

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photo 7Si tu regardes derrière Beyrouth, tu vois que ça devient montagneux très vite et le Liban est splendide, paraît-il. Très urbanisé mais splendide.
Montagnes , bords de mer, des rivières en abondance, plaine agricole de la Bekaa. Tu peux presque quitter tes skis en bas de piste pour enfiler un maillot de bain et sauter dans l’eau direct tellement la montagne et la mer se touchent.
Je dis « il parait », j’ai pas vu. J’ose pas trop m’aventurer en dehors de Beyrouth par les temps qui courent. Dommage. Aller au Liban sans sortir de Beyrouth, c’est un peu comme aller à Venise tout seul. C’est incomplet.
Je reviendrai.

« Si tu dois être enrhumé à l’heure de passer à table, sois le en Angleterre plutôt qu’au Liban. »
(Pardon à Tony, mon ami pianiste anglais, pour ce cliché facile. Tony, tes soupes aux légumes du jardin sont les plus mémorables du Maine et Loire.)
C’est ballot, ce rhume, qui m’anesthésie le goût, au Liban… Un pays de 5000 ans d’histoire culinaire depuis les phéniciens, 5000 ans d’envahisseurs arrivés chacun avec leurs cuistots. Un brassage phénoménal de cultures, retrouvable jusque dans l’assiette.
Un dîner au quartier arménien : Pois chiche sur leur lit de fromage blanc au césame, entourés d’herbes mystérieuses, arrosés d’une huile d’olive légèrement citronnée, morceaux de Pita délicatement grillés à la poêle, ailes de poulet au citron.
Les deux papilles encore connectés à mon cerveau font remonter l’info à mes neurones en passant par mon nez bouché : c’est un véritable orgasme gustatif.
Si j’avais neuf vies, j’en prendrais une toute entière pour découvrir toute la cuisine libanaise.

Le journal l’« Orient Le Jour » titre. « Il n y a pas que la mort et des horreurs au Liban » Avec photo du marathon de Beyrouth, dimanche. Foule dans les rues, bel esprit, très jolie ambiance sous un beau soleil de novembre.

Vivre dans une zone à risque. Les habitants des villes japonaises, d’Istanbul, de Los Angeles, vivent chaque jour avec le risque d’un grand séisme. Les napolitains, en Italie, vivent au pied du Vésuve avec la possibilité d’une éruption du volcan . Les gens au Liban vivent avec le risque politique au-dessus de la tête. Leur grand ennemi israélien au sud, le spectre de la guerre civile à l’intérieur, la guerre en Irak et en Syrie. Damas-Beyrouth : 80 km.
Et la menace d’attentats, dans Beyrouth. Imprévisible. J’aimerais pas être homme politique ici, où les attentats à la voiture piégée sont un grand classique.
Est ce que les gens qui habitent dans de telles zones savent mieux habiter le moment présent que moi, dans ma petite ville paisible de province française sans trop d’histoires  ? Il paraît. Est ce que c’est ça qui explique que les gens font la fête si fort à Beyrouth ?

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Tout le monde que je croise est gentil , poli et souriant avec moi aujourd’hui. Ca t’arrive ? Il y a des jours comme ça, là ça dure depuis le réveil. Ca vient de moi ? Dommage qu’avec le rhume j’ai une oreille bouchée. C est une gentillesse que je perçois en mono, pas en stéréo.
En tout cas je note comment j’étais pour essayer de comprendre quand ce phénomène se produit : barbe de 6 jours , chapeau bleu, sac à dos énorme, une oreille bouchée.

Sur la route de l’aéroport, bouchons. À ma droite, Sabra et Chatilla, les camps de réfugiés palestiniens, j’ai vu sur la carte vu-du-ciel : ça ressemble aux autres quartiers sauf qu’il y a deux fois plus d’habitations au m2. Pas eu le temps d’aller y faire un tour, c’est pas des endroits qu’on visite comme un zoo sans avoir des projets à y mener. Prochaine fois.
À ma gauche, la banlieue Sud, gérée par le Hezbollah. Drapeaux du Hezbollah et de Amal, les deux grands partis chiites, partout.
A mon derrière, la forêt d immeubles.
A mon devant, l’avion.

J’ai un peu peur de vexer l’hôtesse de l’air si je demande : est ce que le truc cylindrique qui est dans mon assiette est un macaroni ou un haricot vert ? J’arrive pas à savoir, au goût.

Après « perdez 10 kilos en trois jours avec le régime Machin, voici  » perdez 10 degrés en 3h avec Air France »

J’aime voyager pour plein de choses, entre autre : passé les frontières françaises, je n’ai plus internet sur mon portable. Je déconnecte de force. J’avais pris la bonne résolution, la veille du retour de Beyrouth, de reconnecter tout en douceur. . Tu parles : l’avion est à posé sur le tarmac à Roissy que je reconnecte, exactement en même temps que tous les autres passagers de l’avion. « Vous avez 80 mails non lus. » Et merde.

En fait oublie ce que j’ai écrit, les plus belles femmes du monde, c’est à Roissy, puisque c’est l endroit ou toutes celles de Beyrouth retrouvent les plus belles autres de partout ailleurs. Va faire un tour à Roissy , Nikos Aliagas de TF1.

J’arrive à Angers. Un char militaire dans la rue Toussaint, en centre ville….la dernière fois que j’en ai aperçu un ici, je devais avoir 5 ans. Ils font des manœuvres, j’imagine. Ca me fait penser :
1 qu’on n’en voit jamais à Angers
2 qu’on en voit partout à Beyrouth
Les chars de l’armée, par chez moi, on leur fait se dérouiller les chenilles au 14 juillet. Au Liban l’armée c’est partout et c’est un des ciments de l’unité nationale, un endroit ou toutes les communautés sont présentes.
…bon. Les chars qui prennent l’air dans les rues d’Angers sont peut être là pour me réacclimater en douceur.
Je pousse la porte d’un café. Je m’installe, j’écris. Bon alors, 7 dodos à Beyrouth…